Le freinage régénératif : comment le moteur freine et recharge (un peu) la batterie
Sur une trottinette électrique, le moteur ne sert pas qu'à accélérer : il peut aussi freiner, en renvoyant une partie de l'énergie vers la batterie. C'est le freinage régénératif. Pratique et économe en plaquettes, il a aussi des limites qu'il faut connaître, surtout sur une machine puissante.
L'essentiel
- En freinage régénératif, le moteur fonctionne en génératrice : il ralentit la roue et produit du courant.
- Ce courant recharge un peu la batterie, mais le gain d'autonomie reste modeste en usage normal.
- Batterie pleine, la batterie ne peut plus absorber ce courant : le freinage électrique est réduit ou coupé.
- Il ne remplace jamais les freins mécaniques, seuls capables d'arrêter la machine en toute circonstance.
Le moteur devient une génératrice
Un moteur à aimants qui tourne produit une tension à ses bornes, comme une dynamo de vélo. Quand on freine électriquement, le contrôleur cesse de pousser le courant dans le moteur et inverse son rôle : il laisse le moteur faire circuler du courant dans l'autre sens. Ce courant crée un couple qui s'oppose à la rotation : la roue ralentit.
En commande vectorielle, c'est très simple : la consigne de couple devient négative. Le contrôleur règle le courant de freinage aussi finement que le courant d'accélération, ce qui donne un freinage progressif et dosable.
Où va l'énergie
L'énergie de mouvement de la trottinette se transforme en électricité. Une partie est perdue en chaleur dans le moteur et le contrôleur ; le reste traverse le contrôleur et retourne dans la batterie. Le pont de puissance du contrôleur fonctionne alors à l'envers : il élève la tension du moteur pour qu'elle dépasse celle de la batterie et puisse la recharger.
À basse vitesse, le moteur produit peu de tension et le freinage électrique devient faible. Il ne peut pas immobiliser la trottinette à l'arrêt, ni la tenir dans une pente.
Combien d'énergie récupère-t-on vraiment ?
Moins qu'on ne l'imagine en usage normal. Sur le plat, l'essentiel de l'énergie part en résistance de l'air et en frottements, pas en freinage. Le gain est plus net en ville, avec beaucoup d'arrêts, et surtout en descente longue. Le principal intérêt du freinage électrique est ailleurs : un freinage doux et régulier, et des plaquettes et des disques qui s'usent moins.
Les limites à connaître
Batterie pleine
Une batterie pleine ne peut plus accepter de charge. Le courant de freinage ferait monter sa tension au-delà de la limite des cellules. Le BMS ou le contrôleur réduisent alors le freinage électrique, voire le coupent. Conséquence pratique : au départ, batterie pleine, en haut d'une descente, le frein électrique peut être beaucoup plus faible que d'habitude.
Le courant de charge maximal de la batterie
Une batterie accepte moins de courant en charge qu'en décharge. Le courant de freinage renvoyé à la batterie doit rester sous cette limite, sinon le BMS peut couper, et avec lui toute la machine. Sur un contrôleur réglable, on règle séparément le courant de freinage du moteur et le courant renvoyé à la batterie.
La tension du contrôleur
Au freinage, la tension monte au-dessus de celle de la batterie. Un contrôleur sans marge de tension, sur une batterie pleine, peut être endommagé par un freinage électrique fort. C'est une des raisons pour lesquelles un contrôleur doit être choisi avec de la marge, comme l'explique notre guide du contrôleur.
L'adhérence
Sur une trottinette à moteur unique, le freinage électrique n'agit que sur une roue. Fort, sur sol mouillé, il peut la faire glisser. Il se dose comme un frein mécanique.
Le conseil de l'atelier
Ne comptez jamais sur le seul freinage électrique pour vous arrêter. Il peut faiblir sans prévenir, batterie pleine ou en cas de défaut. Les freins mécaniques doivent toujours pouvoir arrêter la machine seuls ; sur une trottinette puissante, ils méritent des freins à la hauteur.
Questions fréquentes
Pourquoi mon frein électrique est-il plus faible batterie pleine ?
Parce que la batterie ne peut plus absorber le courant produit au freinage. Le contrôleur ou le BMS réduisent le freinage électrique pour protéger les cellules. Il redevient normal dès que la batterie a un peu baissé.
Le freinage régénératif augmente-t-il beaucoup l'autonomie ?
En usage courant, le gain reste modeste. Il est plus sensible en ville avec beaucoup d'arrêts et en descente longue. Son vrai bénéfice est la douceur du freinage et la moindre usure des freins mécaniques.
Le freinage électrique peut-il abîmer la batterie ?
S'il est réglé au-delà du courant de charge que la batterie accepte, il la fait chauffer et vieillir plus vite, et peut provoquer une coupure du BMS. Bien réglé, il est sans danger.